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Le festival Lumière, avec la pulpe

Une semaine avec Bergman # 7 – Le 7ème sceau

Ah ! Enfin !! Enfin un film de Bergman que j’ai aimé ! Après mes déceptions successives de ces derniers jours, Le 7ème sceau, sorti en 1957, m’a accroché !

C’est assez étrange dans la mesure où il présente toutes les caractéristiques « types » d’un film de Bergman, tant dans la forme : les cadres travaillés, la lumière magnifique, les acteurs bien dirigés et bien filmés ; que dans le fond : interrogations métaphysiques, la religion et Dieu, la mort, etc.

Antonius Bloc, interprété par Max von Sydow (acteur fétiche de Bergman), joue sa vie avec la Mort

Antonius Bloc, interprété par Max von Sydow (acteur fétiche de Bergman), joue sa vie avec la Mort

Mais ici, comment dire, « ça marche », le film est « lisible », l’intrigue m’intéresse et le devenir des personnages me préoccupe.

Des Hommes face à leurs peurs et leurs doutes : (attention, spoilers)

Le trame principale du flm est assez simple : un chevalier (joué par un Max von Sydow à la blondeur étrange) de retour de Croisades, joue sa vie avec la Mort au travers d’une partie d’échec.

Ce jeux avec la Mort est un moyen, pour le chevalier qui a passé dix ans de sa vie en Terre Sainte, de retarder l’échéance fatidique le temps de trouver une solution à ses interrogations existentielles qui le rongent : Dieu existe-il ? la vie a t-elle un sens ? l’épidémie de peste est-elle celle dont parle l’Apocalypse ?

C’est en effet dans un pays ravagé par la peste – par et la folie qu’elle provoque chez les Hommes – qu’il tente d’obtenir des réponses au vide et aux doutes qui le tourmentent.

Accompagné de son fidèle écuyer, cynique et existentialiste, ils rencontrent sur leur chemin une troupe de comédiens. À leur contact, le chevalier éprouve une certaine paix, et redécouvre les plaisirs simples de la vie qu’il a oublié depuis son départ en croisade.

Au fil de leur périple, et des rencontres successives, ils arrivent enfin au château du chevalier où ils sont accueillis par sa femme qui, seule, l’attendait.

Mais la Mort, implacable, fini par les rejoindre et les entraîne, tous, dans une « danse macabre ».

Pourtant, le film se termine sur une note plus belle et douce qu’il n’y paraît puisque – certes, la plupart des personnages sont emportés par la Mort – mais le jeune couple de comédiens et leur enfant, eux, y échappent.

De plus, même ceux qui meurent semblent, au dernier moment, accepter leur sort et le prendre comme une délivrance.

Enfin, l’Apocalypse tant redoutée tout au long du récit, ne semble pas arriver, et le film se termine sur plan paisible et ensoleillé.

Un film trop « facile » ?

Au contact des comédiens et notament de la craquante Mia (Bibi Andersson), le chevalier goûte, enfin, une paix méritée

Au contact des comédiens et notamment de la craquante Mia (Bibi Andersson), le chevalier goûte, enfin, une paix méritée

Bien que ce film soit considéré comme l’un des plus grands succès de Bergman (prix spécial du jury à Cannes, en 1957), il est aussi perçu comme faisant partie de ses films les plus « accessibles ».

En me documentant, je m’aperçois que certains critiques vont même jusqu’à le critiquer, regrettant que tout soit trop « facile », trop « explicite ».

Explicite, il est vrai que le film l’est. Toutes les interrogations métaphysiques du personnage sont clairement formulées, et la Mort elle-même, est personnifiée à l’écran.

Moi, au contraire, j’ai le sentiment que c’est justement ce que j’aime dans ce film, et ce que je regrattais dans les autres vus précédemment. Ici, enfin, tout est plus « clair » et ça fait du bien !

De plus, certes ici le cinéaste suédois rend les choses plus explicites, mais cela ne veut pas dire tout est « donné » au spectateur, que tout est simple, qu’il n’y pas matière à réfléchir, etc.

Mes excuses mais, un film où il faut passer son temps à se torturer l’esprit accompagné d’unedizaine de manuels de philosophie, je n’appelle pas ça du cinéma, mais un cours de sciences humaines porté à l’écran.

Non, ici, Bergman trouve un excellent compromis entre ses obsessions métaphysiques et un rendu cinématographique qui permet au spectateur d’apprécier pleinement l’œuvre.

Le 7ème sceau m’aura donc permis – au delà du fait de me faire, enfin, plaisir devant un Bergman lors de ce festival – de comprendre réellement ce qui me gênait dans ses autres long-métrages dont j’ai parlé jusqu’ici.

Un film très beau visuellement, profond, mais aussi, parfois, tout simplement très drôle, et qu’il faut absolument avoir vu (ne serait-ce, par exemple, que pour les scènes où la Mort est présente, et qui sont toujours très inquiétantes et prenantes).

Le film passera d’ailleurs une dernière fois, lors de ce festival, demain, à 14h45 au CNP Terreaux (Lyon 1er).

Victor Vaissade

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Cette entrée a été publiée le octobre 19, 2013 par dans My Festival, Unchained, et est taguée , , , , , , , .
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