Pulp My Festival

Le festival Lumière, avec la pulpe

Quentin Tarantino : « Quand j’écris les dialogues de mes films, ça me vient tout de suite – BOOM, BOOM, BOOM! »

Aujourd’hui à midi a eu lieu la conférence de presse de Quentin Tarantino suite à la remise du Prix Lumière, au 27e étage de la Tour Oxygène. En présence de Bertrand Tavernier, Thierry Frémaux, Gérard Collomb et une petite poignée de journalistes, le réalisateur américain mis à l’honneur s’est longuement exprimé. Seconde partie de cette rencontre inédite, se focalisant cette fois-ci sur son cinéma – Pulp My Festival y était.

Crédits photo : Fabrice Catérini - Inediz

Crédits photo : Fabrice Catérini – Inediz

Lors de la projection de Pulp Fiction jeudi soir au Pathé Bellecour, la foule était comme celle d’un concert de rock. Le film est devenu culte en vingt ans. Pensez-vous que vingt ans plus tard, Django Unchained ait la même aura?

Je l’espère! Je ne pense pas que le public le regardera comme un concert de rock, en revanche (rires). Mais j’espère que dans vingt ans, Django aura influencé l’histoire des westerns. Et je me dis qu’il y a des enfants noirs, pas encore nés, qui le seront dans un monde où Django existe : l’histoire d’un homme noir qui se bat contre la corruption et triomphe.

Quels film d’action classiques français représentent le cinéma pour vous? Si vous deviez choisir un réalisateur français culte, ce serait lequel et pourquoi?

J’essaie juste de voir ce que vous voulez dire par « film d’action français »… C’est presque une antithèse! Si je devais choisir quelqu’un, ce serait Jean-Pierre Melville. Il prend un genre qu’il affectionne, et il le traite de manière authentique – mais à sa façon. Il m’a beaucoup influencé.

Comment élaborez-vous vos personnages, par exemple le Docteur Schultz dans Django?

Le Docteur King Schultz est sorti de mon stylo tout seul, déjà formé. Mais si je n’avais pas été autant amoureux de Christoph Waltz, créer le personnage aurait été difficile!

Ca faisait déjà dix ans que je réfléchissais au projet de Django. Le personnage était déjà là, mais ce n’était pas un dentiste allemand! (rires) Je le voyais plus comme un chasseur de têtes dans les westerns, un type du style de Kevin Costner ou Tommy Lee Jones. Mais après avoir travaillé avec Christoph, le personnage du dentiste m’est apparu. Et sa façon de parler est si reconnaissable : Christoph Waltz parle le Christoph Waltz.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre carrière avec Harvey Weinstein, venu vous rendre un hommage émouvant hier soir? (à lire ici)

Avec Miramax et TMC, Harvey Weinstein m’a donné une maison et une famille au sein de laquelle je pouvais faire mes films. Et c’est une maison, c’est une famille. Mais comme beaucoup de familles, ça peut parfois être un peu le bordel! (rires) C’est la vie [en français, ndlr], tu prends le bon comme le mauvais. Au bout du compte, ma carrière, avec toutes mes lubies et fantaisies, ne pourrait pas être ce qu’elle est maintenant sans le soutien de Harvey Weinstein.

D’ailleurs, si Lawrence Bender, Harvey Keitel ou Richard Gladstein n’avaient pas vu quelque chose dans mon travail, je ne serais même pas là devant vous aujourd’hui.

Pourquoi n’utilisez-vous pas de grandes stars françaises dans vos films?

Cette question est tout de même sujette à débat. Mélanie Laurent, quand même… On me pose toujours ce genre de question, du style « Pourquoi ne travaillez-vous pas avec Johnny Depp? ». Mais ça ne marche pas comme ça! Je crée les personnages d’abord, et puis ensuite je réfléchis aux acteurs.

On m’a aussi beaucoup posé la question, « Est-ce que vous allez tourner un film à Lyon? ». Je n’en sais rien! Il faut que j’aie le bon type de scénario!

L’histoire et les personnages sont les boeufs, les acteurs et le lieu du tournage la charrue. Et il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs!

On ressent un véritable « langage Tarantino » dans vos dialogues. Où trouvez l’inspiration pour vos dialogues de fou?

C’est un mélange de plein de choses… Des voix dans ma tête, des gens que je connais… Ecrire des dialogues, c’est la chose qui me vient le plus facilement. Quand je m’y mets, ça sort tout seul. C’est tellement simple que j’ai l’impression qu’on ne devrait même pas m’en tenir responsable. C’est comme s’ils venaient d’un endroit intérieur, secret.

Par exemple, en ce moment j’écris un livre sur le cinéma. J’y travaille, c’est très gratifiant, mais c’est aussi très difficile. Je réécris tout, encore et encore et encore… alors que pour les dialogues, BOOM, BOOM, BOOM! (rires) Ca me vient tout de suite! Alors je mets l’écriture de mon livre de côté pendant quatre ou cinq ans (rires).

Propos rapportés par Fleur Burlet

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Un commentaire sur “Quentin Tarantino : « Quand j’écris les dialogues de mes films, ça me vient tout de suite – BOOM, BOOM, BOOM! »

  1. AM BOUDIER
    novembre 4, 2013

    Bravo …

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Cette entrée a été publiée le octobre 19, 2013 par dans My Festival, Personnalités, et est taguée , , , , .
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