Pulp My Festival

Le festival Lumière, avec la pulpe

Entretien avec Françoise Fabian

Françoise Fabian est une grande dame du cinéma français. A 80 ans (elle en paraît 60 !), elle possède toujours cette aura propre aux actrices qui ont joué sous la direction des plus grands. Alors à côté d’elle on se sent tout petit, mais, les mains tremblantes, on tente quand même d’en savoir plus sur ses projets, sa carrière et ce qu’elle pense du festival Lumière. Très souriante, c’est avec beaucoup de simplicité  qu’elle prend le temps de nous répondre.  Morceaux choisis.

Françoise-Fabian

PMF : Vous avez présenté jeudi Ma nuit chez Maud en copie restaurée. Quel effet cela vous fait-il de vous voir sur grand écran avec une telle qualité d’image ?

Françoise Fabian : J’avais un petit peu le trac car c’était il y a longtemps de ça, et je me disais « est-ce que je vais me reconnaître ? ». Et en fait j’ai trouvé que c’était bien ! C’est la première fois que je le vois sur grand écran car à chaque fois que je l’ai revu, c’était à la télévision. Là c’est très beau, car l’image est magnifique et ça m’a fait plaisir de le revoir.

PMF : Un autre de vos films, Le Spécialiste, a été choisi par Quentin Tarantino dans sa sélection pour le Festival Lumière. Est-ce que cela vous étonne?

F.F : On peut s’attendre à tout de Quentin Tarantino. C’est extraordinaire ! J’ai fait ce western spaghetti avec Johnny Hallyday, c’était très marrant à faire. Mais jamais je n’aurais pensé qu’un metteur en scène américain ferait un tel choix sur un film de Sergio Corbucci. Mais en même temps, je tourne cela formidable. J’ai envie de le voir, parce que je ne l’ai jamais vu ! Je l’ai tourné à Rome mais je ne l’ai jamais vu. Je sais que je jouais une méchante femme, une très mauvaise ! Et il y avait des films tournés dans des studios à côté, on entendait tout ce qu’il se passait, il y avait des travaux aussi ! C’est une expérience extraordinaire pour la concentration de faire un film comme ça!

PMF : C’est la première fois que vous venez au festival Lumière ?

F.F : Non ! J’étais là il y a 3 ans, et Thierry Frémaux m’a dit « Françoise, j’aimerais bien que vous présentiez un film que vous avez vu il y a très longtemps, qui ne passe jamais plus, si vous avez un choix de film ou quelque chose que vous aimez, présentez-le,et  vous me le dîtes à l’avance », et un film que j’avais vu dans les 60’s et qu’on avait jamais revu, c’était Five Easy Pièces, et c’était les débuts de Jack Nicholson. C’est un film merveilleux, tchekhovien. On l’a passé il y a trois ans dans un très grand cinéma, j’étais très heureuse qu’il m’ait donné cette opportunité de montrer ce film là. Il y a beaucoup de films de qualité projetés au Festival Lumière et ce qui est extraordinaire c’est qu’il y a un potentiel de public ici ! Cela veut bien dire que les gens aiment le cinéma à partir du moment où ce sont de bons films, de bons acteurs, de bons réalisateurs…c’est vivant, c’est formidable de revoir tous ces films. C’est un cadeau magnifique !

PMF : Vous allez joué  dès le mois prochain dans une adaptation théâtrale du film d’Ingmar Bergman, Sonate d’automne. Comment avez-vous sélectionné ce film ? Est-ce difficile de l’adapter pour le théâtre ?

F.F : Bergman était un immense metteur en scène de théâtre, il a fait du théâtre toute sa vie et c’était l’essentielle de ses activités. Il a commencé très tôt. Sonate d’automne est comme une pièce car c’est un huit clos entre la mère et la fille. J’ai toujours voulu tourner avec ce réalisateur, j’imagine que je suis un personnage de Bergman, je l’ai toujours pensé, mais je ne l’ai jamais rencontré.  J’ai vu ce film plusieurs fois dans ma vie et je me suis dis que j’avais envie d’acheter les droits et de le faire adapter pour le théâtre. J’ai volé quatre jours pour venir au Festival Lumière, mais je suis en pleine répétition de la pièce maintenant. On va jouer du 20 novembre jusqu’au 20 janvier et il y a une tournée qui est prévue. C’est complètement obsessionnel, je ne pense qu’à cela. Je n’ai vu aucun film car je ne peux pas faire autre chose que répéter ma pièce.

PMF : Selon vous en quoi le Festival Lumière est-il différent des autres festivals ?

F.F : Il n’y a pas de compétition, c’est seulement pour le bonheur, pour la passion du cinéma, il n’y a pas de tapis rouge, pas de publicité, de robes ou des bijoux de telle marque. C’est la jeunesse ! Les gens ne vont pas au cinéma pour se montrer, ils vont au cinéma pour voir des films ! Et ça c’est dynamique, c’est magnifique. On a l’impression qu’on s’aime tous d’aimer la même chose. Il y a un grand mouvement de cœur dans ce festival. Je ne sais pas pourquoi ça s’appelle « le festival lumière », ça devrait s’appeler « la fête du cinéma » !

Propos recueillis le 18/10 par Laureen Laboret

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le octobre 19, 2013 par dans My Festival, Personnalités, et est taguée , , .
%d blogueurs aiment cette page :