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Jeunesse droguée, ou la plongée dans les 50’s!

Hier soir, à 19h30, Tarantino a fait un formidable cadeau à tous les passionnés de cinéma présents à l’Institut Lumière. Le cinéaste américain a apporté dans ses bagages une copie personnelle de Jeunesse droguée, film qui lui tient à cœur. Après une présentation très réussie, la star américaine est redevenue un simple spectateur qui, comme le reste du public, a pu apprécier ledit film.

L’occasion de revenir sur ce film qui, finalement et malgré ses qualités, reste assez peu connu.

L'affiche du film Jeunesse Droguée (High School Confidential)

L’affiche du film Jeunesse Droguée (High School Confidential)

Le scénario est, d’apparence, assez simple. Ce film (High school confidential ! dans la version originale), nous relate les aventures de Tony Baker (interprété par Russ Tamblyn), jeune adolescent au caser judiciaire bien rempli, arrivant tout juste dans son nouveau lycée. Très vite, il arrive à en devenir le « leader ». Vendeur de drogue, il parvient petit à petit à intégrer un réseau de trafiquant, jusqu’à rencontrer son chef, le fameux « M. A »..

Vous avez dit 50’s ?

Sorti en 1958 et réalisé par Jack Arnold, (connu, entre autres, pour L’Étrange créature du lac noir), le film nous plonge en plein cœur de la jeunesse des années 1950 aux États-Unis. Un peu comme le fera quinze ans plus tard Georges Lucas avec son American Graffiti, Jack Arnold nous offre-là une véritable fresque de toute une génération, que l’on appellera la beat generation.

Dès le générique d’ouverture, le décor est planté : c’est en effet avec un morceau de Jerry Lee Lewis (visible à l’écran) que le film s’ouvre. Dès lors, notre soif d’imagerie et de clichés (à ne pas prendre, ici, au sens péjoratif), est vite assouvie : lycée américain, voitures typiques de l’époque, la musique et le Rock ‘n’ Roll, les vêtements – chemises rentrées dans les jeans pour les garçons, pulls moulants et jupes virevoltantes pour les filles. Tout est là. Cette ambiance si particulière donne vraiment un aspect kitsch au film, mais n’est jamais de mauvais goût. Et surtout, cela apport une certaine fraîcheur qui, en 2013, prend tout son sens. Quel que soit notre âge, comment ne pas se sentir« ado » en le visionnant ? Il y a là quelque chose de quasi magique, insaisissable, qui vous emporte dans cette époque incroyable.

Voilà pour la forme. Mais quand est-il du fond ? Si le film est considéré comme une série B au moment de sa sortie, il ne peut se résumer à un quelconque « teen movie » et présente bien des qualités.

Des répliques cinglantes :

L’un des intérêts du film, outre le fait d’être le miroir de toute une époque, c’est bel et bien ses dialogues. Tarantino, grand fan du film, explique bien à quel point ces répliques sont importantes et travaillées (cf le compte-rendu de la séance présentée par Tarantino, disponible sur le blog). Les mots font mouche, les échanges sont souvent très drôles voire, parfois, hilarants.

L’écriture est donc l’une des forces de ce film, mais ce n’est pas la seule.

Une construction narrative trompeuse :

L’autre élément majeur du film, réside dans sa construction narrative. Si pendant les ¾ de sa durée (1h 25), il nous entraîne sur une fausse piste et nous berne, nous spectateur, il sait, à la fin, rebondir pour s’engouffrer dans une direction assez inattendue.

Concrètement (attention, spoiler!), Tony Baker n’est pas le simple petit délinquant rebelle décrit précédemment. Mike Wilson, de son vrai nom, est en réalité un flic infiltré qui cherche à démanteler un réseau mafieux. Alors certes, comme révélation il y a « mieux », mais, malgré tout, lorsqu’elle arrive le film change presque de ton. Presque, car le côté « high school » est toujours là, mais le fait est que le film a pris une autre dimension, davantage tournée vers le policier/action. Le changement palpable est résumé par Quantin Tarantino, présent dans la salle, qui crie « Traitor ! [traître] » au moment du retournement de situation.

Jeunesse droguée est donc un film aux multiples facettes, qui regroupe également des acteurs plus que convaincants (Russ Tamblyn notamment, est tout à fait remarquable). Bien plus qu’un simple « documentaire sur la jeunesse américaine » comme l’ont décrit certains critiques au moment de sa sortie, il est, certes, le portrait d’une époque, mais un portrait réussi.

Un film qu’il faut absolument (re)découvrir!

Victor Vaissade

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Cette entrée a été publiée le octobre 17, 2013 par dans PULP, Unchained.
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