Pulp My Festival

Le festival Lumière, avec la pulpe

« J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai rêvé, grâce au cinéma qui est venu pour moi à l’hôpital »

IMG_2299

Au 6ème étage de l’hôpital Femme Mère Enfant de Bron, Sandrine et Richard s’affairent dans l’amphithéâtre depuis 11h30. Peu à peu une véritable salle de cinéma se construit prête à accueillir les enfants pour la projection en avant-première de Belle et Sébastien de Nicolas Vanier.

Les deux membres de l’association les Toiles Enchantées sillonnent la France en camionnette toute la semaine afin de permettre aux enfants malades de vivre eux aussi le cinéma. Mardi à la fondation Richard de Lyon, mercredi à Bron et jeudi à Paris, le joyeux duo garde la pêche malgré les kilomètres parcourus. Il y a Richard Ganivet qui fait partie de l’aventure depuis le début  « Ma femme, Gisèle Tsobanian, a fondé l’association, au départ je donnais un coup de main. » Puis cet ancien du monde du spectacle est devenu projectionniste, « formé sur le tas » comme il le dit lui-même. Sandrine Ranaïvosata, monteuse de formation, a rejoint l’association en 2002. « C’est toujours impressionnant quand des enfants pas si petits que ça vivent l’expérience du cinéma pour la première fois. Avant ils étaient attiré par le projecteur 35 mm, certains passaient même la séance à le regarder », raconte-t-elle.

L’association participe pour la troisième fois au festival Lumière. L’intérêt est double : elle se fait connaître car le festival diffuse son clip mais cela permet aussi et surtout à l’association de faire vivre le festival aux enfants et de les associer à l’événement. « Belle et Sébastien est projeté en avant-première, les gamins vont se sentir privilégiés »,  précise Richard. Le projectionniste se souvient «  C’était un peu pareil quand on avait projeté Kung Fu Panda dans le cadre du festival de Cannes : c’était une avant première mondiale ! » Mme Marion, directrice chargée des affaires culturelles de l’hôpital, apprécie elle aussi la formule. « C’est quelques minutes qu’on vole au traitement pour permettre aux jeunes de s’évader. C’est important que l’hôpital ne soit pas déconnecté de ce qui se passe en ville. »

La salle de 120 places se métamorphose doucement au fil des heures, en moyenne 1h30 à 2h d’installation. Comme à chaque fois Sandrine et Richard ont amené tous leur matériel : projecteurs, haut-parleurs, écran…  Tout est fait pour recréer une véritable salle de cinéma : musique d’ambiance, lumière tamisée qui s’éteint doucement grâce aux deux projecteurs emmenés par le duo. « Tout sauf le pop-corn », sourit Sandrine. Le son, la netteté de l’écran, le fait qu’il soit droit… ils vérifient tout, « encore un peu côté jardin, tu me dis stop ! », s’exclame Richard. Des affiches du film sont scotchées au mur et un panneau donne le ton « J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai rêvé, grâce au cinéma qui est venu pour moi à l’hôpital, merci. »

Philippe Bonhomme, traverse l’amphithéâtre de temps en temps un brin stressé. L’animateur socioculturel de l’hôpital est chargé d’organiser la venue des enfants, « Il y a ceux de la réa, de chirurgie, des jeunes, des adolescents, des enfants malades chroniques qui passent leur vie à l’hôpital ou d’autres juste de passage pour un problème plus léger. Tous ceux qui peuvent être déplacés viennent, il faut savoir s’adapter en permanence». L’animateur n’en est pas à son coup d’essai, il travaille avec les Toiles Enchantées depuis 1998, à raison d’environ deux projections par an. « Pour les enfants, c’est une fenêtre sur l’extérieur, un moment de partage et de rencontre en famille », ajoute l’animateur.

Doucement l’amphithéâtre se remplit, les invités arrivent et les enfants commencent à s’installer. Julia Faure, comédienne, est venue introduire la séance « J’ai eu envie de leur donner un peu de plaisir et de respiration extérieur », confie-t-elle. La jeune femme est accompagnée de la réalisatrice Delphine Gleize, « J’ai fait mon dernier film, la Permission de minuit, sur un enfant de la lune. Cela m’a permis d’approcher le quotidien des enfants dans les hôpitaux. C’est énorme que le cinéma vienne à eux. » Les deux femmes se mêlent aux enfants, signent des autographes en attendant le début de la séance.

Puis vient le moment tant attendu de l’introduction, Delphine Gleize évoque la difficulté de faire jouer ensemble un animal et un enfant. Les lumières s‘éteignent, l’hôpital disparaît, seules les perfusions qui dépassent ça et là où les soigneurs présents dans la salle, rappellent la nature du lieu. Environ une heure et demie plus tard la luminosité revient, c’est déjà fini. La salle conquise applaudit : « super bien » lancent Camille et Ibtissem, 15 ans. Ela, 6 ans, elle aussi est conquise « c’est un peu bien », sourit-elle.

Marion Riegert

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le octobre 17, 2013 par dans My Festival, Séances, et est taguée , , .
%d blogueurs aiment cette page :