Pulp My Festival

Le festival Lumière, avec la pulpe

Quentin Tarantino, la recette du succès

Rares sont les réalisateurs qui, à seulement 50 ans, arrivent à provoquer un tel engouement lorsqu’on les évoque. Quentin Tarantino est de ceux-là. Chaque nouveau film est un événement attendu et espéré autant par les cinéphiles que les curieux.

Après ses huit films, Tarantino ne s’essouffle pas, au contraire, il continue son ascension. À chaque sortie, c’est une nouvelle leçon de cinéma qu’il nous donne. C’est donc logiquement qu’il reçoit le prix Lumière de cette 5ème édition du Festival Lumière.

Impossible de parler des films du cinéaste sans en aborder le thème principal : la violence.

Le réalisateur américain fait de la violence la matière principale de ses films. Sans concession, sans pincettes, il nous donne à voir des effusions de sang dans ce qu’elles ont de plus spectaculaire. La caméra ne se détourne jamais, elle insiste et récidive. On pourrait penser que ces méthodes donnent la nausée… C’est pourtant avec jubilation que l’on regarde ces scènes ; comme celle de Django Unchained où Jamie Foxx se débarrasse d’une quinzaine d’hommes en repeignant, au passage, les murs de la maison de Calvin Candie couleur sang.

S’il y a un élément dont les films de Tarantino ne manquent pas, c’est l’humour.

Que ce soit dans la construction du récit, dans ses personnages, mais aussi dans les dialogues savoureux dont lui seul a le secret. Justement, c’est bien ces dialogues qui, au fil des films, sont devenus la marque de fabrique du cinéma de Tarantino. Même si chaque mot semble anodin en apparence, on sait que le réalisateur les a placés dans son film pour une raison particulière. Ces discussions permettent au spectateur de s’identifier aux personnages, de cerner leurs états d’âme, leurs préoccupations et leurs intérêts. Ainsi se rend-on compte que tous ont des conversations que nous pourrions nous-mêmes avoir. Demandez aux filles de Boulevard de la mort…ou encore aux truands de Reservoir Dogs, lorsque, partageant un petit déjeuner, l’un deux lance un « Like a Virgin [de Madonna], c’est une métaphore sur les grosses queues » dont tout le monde se souvient aujourd’hui.

Impossible d’aborder la question des dialogues sans parler de la discussion entre John Travolta et Samuel Lee Jackson concernant le nom donné aux Quarter Pounder en Europe. Pour beaucoup de fans, cet échange tiré de Pulp Fiction reste anthologique.

Et puis, il y a la musique.

Impossible de passer au travers tant les bandes originales de ses films nous font vibrer. Ainsi, lorsque l’on entend « Girl, you’ll be a woman soon » de Neil Diamond, c’est toujours l’image de Mia –géniale Uma Thurma– se trémoussant dans son salon que l’on se rappelle en premier. Tarantino a une particularité : il utilise régulièrement des titres existants et des compositions originales. Dans Django Unchained, le titre 100 Black Coffins est co-écrit et produit par son acteur principal, Jamie Foxx.

On connaît le Tarantino fan de musique mais on découvre l’accro de « muscle cars » dans ce qui est peu être son film le moins connu par le grand public, Boulevard de la Mort. Dans ce « slasher movie », inspiré des films de genre des années 1970, les courses en voiture se succèdent à un rythme effréné. On retrouve Kurt Russel en Mike, cascadeur au visage balafré et inquiétant, dont la principale occupation est de tuer des jeunes filles rencontrées au hasard avec sa voiture, et seulement sa voiture. Ainsi pas d’armes ou de combats à mains nues, le psychopathe prend un plaisir malsain à provoquer des accidents de la route dans lesquelles les belles y laissent bien souvent la peau.

 Autre marque du cinéma de Tarantino : le récit déconstruit.

Tarantino s’amuse à inverser la chronologie des scènes. Que ce soit dans Pulp Fiction ou Reservoir Dogs, ce choix permet de gagner en intensité. Si bien qu’on ne peut plus décrocher jusqu’à la scène finale, ou enfin, toutes les clés de compréhension sont délivrées.

Et enfin, il y a les personnages.

Souvent fascinants, complexes, attachants, détestables, torturés, drôles, survoltés, mais toujours forts, ce sont eux qui prennent leur destin en main. On pourrait parler des femmes qu’on admire tant elles prennent en main leur histoire ! Elles sont nombreuses : la mariée des Kill Bill, Jackie Brown, l’hôtesse de l’air passeuse de drogue ou encore Shosanna Dreyfus d’Inglorious Basterds qui se donne pour mission de venger sa famille tombée sous les balles des soldats nazis.

En bref, les films de Quentin Tarantino fascinent, séduisent, rendent malade. Qu’on les aime ou qu’on les déteste, en tout cas, ils ne laissent jamais indifférent. Mais il y aurait encore trop à dire, tant la filmographie de Tarantino donne matière à discuter. Alors pour ceux qui hésitent encore à se laisser entraîner par ce cinéma de genre, vous avez la semaine pour changer d’avis.

Reservoir Dogs : mercredi à 21h45 au Comoedia, vendredi à 22h à l’Institut Lumière (nuit Tarantino), samedi à 22h15 au Pathé Bellecour

Boulevard de la mort : jeudi à 19h30 au Cinéma Opéra, vendredi 22h à l’Institut Lumière (nuit Tarantino)

Inglorious Basterds : jeudi à 20h30 0 Saint Priest, samedi à 10h30 au Comoedia

Django Unchained : jeudi à 20h30 à l’UGC Cité Internationale, vendredi à 20h30 à Décines

Jackie Brown : vendredi à 22h à l’Institut Lumière (nuit Tarantino)

Kil Bill Volume 1 : vendredi à 22h à l’Institut Lumière (nuit Tarantino), samedi à 19h30 au pathé Vaise (nuit Kill Bill)

Kill Bill Volume 2 : samedi à 19h30 au Pathé Vaise (nuit Kill Bill), dimanche à 16h45 au Comoedia

Laureen Laboret

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