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Edison et les frères Lumière : des visionnaires de génie

Qui de Thomas Edison, l’américain, ou des frères Auguste et Louis Lumières, les lyonnais, ont les premiers inventé le cinéma ? La réponse est complexe. Tout comme l’est la naissance du 7ème Art.

Avant de parler du Kinétoscope –de l’américain– et du cinématographe –des lyonnais–, n’oublions pas que bons nombres d’inventions, aux noms tous les plus étranges les uns que les autres avec le vitascope, praxinoscope ou zootrope pour ne citer qu’eux, ont jalonné ces débuts mythiques. Ainsi, c’est dans le domaine de la photographie et des jouets optiques qu’Edison et les frères Lumière vont puiser. Grâce à leurs prédécesseurs, ils se rapprochent de plus en plus de leur volonté ultime : capturer et projeter une image de la réalité devant un public.

Si Thomas Edison, aidé de son assistant William Dickson, est le premier à inventer le film, les Frères Lumières ont pour leur part inventé le cinéma. Excusez du peu. Une telle subtilité mérite bien sûr des explications.

Le Kinetoscope, une invention de Thomas Edison

Le kinétoscope connaît ses prémices en 1888 avec le Kinétographe, son ancêtre. En 1893, l’invention est finalisée par l’inventeur américain. Il s’agit d’un grand meuble de bois dans lequel il y a, à la fois l’appareil qui projette le film, ainsi que celui qui l’enregistre. Les deux sont indissociables. A l’intérieur, on retrouve un savant mécanisme qui permet de dérouler un film de 35milimètres en continu. Ce dispositif permet au spectateur de visualiser des films très courts.

Parmi les pépites d’Edison, on retrouve un film de quelques secondes sur un bodybuildeur. Pour ces messieurs, il filme une femme qui se dévêtit jusqu’à se retrouver…en maillot de bain –la coquine !– mais aussi des attractions du cirque Buffalo Bill –dans lequel les indiens sont traités comme des animaux–. Bref, Thomas Edison tourne des scènes qui n’ont rien d’exceptionnel mais qui, à l’époque, contribuent à révolutionner le petit monde de l’audiovisuel.

Mais en réalité, le mouvement que l’on croit percevoir dans le kinétoscope n’est qu’une illusion. C’est un dispositif individualiste où une seule personne à la fois peut profiter du spectacle. Le spectateur doit se pencher sur l’appareil et observer les images qui défilent. Peu pratique donc, sans compter les vilains maux de dos à la fin des séances…

Quelques mois après ces débuts prometteurs, les Frères Lumières, Auguste et Louis, ingénieurs de formation mettent au point le cinématographe. Accusés par les mauvaises langues d’avoir gentiment copié sur le voisin américain, leur invention est autrement plus perfectionnée.

La boîte à image des Frères Lumière

Elle permet la projection sur une grande toile blanche d’images enregistrées par le cinématographe. Le cinéma vous disais-je ! Ainsi c’est grâce à ce dispositif brillant que la première projection publique de l’histoire à lieu le 28 décembre 1895 au Salon Indien du Grand café de l’hôtel Scribe, à Paris. La première projection, réservée aux professionnels du domaine, fait un tabac. Dans le public, il y a un certain Georges Méliès –ancêtre de Georges Lucas en ce qui concerne les effets spéciaux– prêt à vendre corps et âme pour s’approprier une telle machine. Mais les Frères Lumière savent ce qu’ils veulent…ou plutôt ce qu’ils ne veulent pas : ils refusent donc, pour le moment, de commercialiser leur invention.

La seconde projection, réservée au public à moins d’effet. À un franc l’entrée, certains préfèrent se payer un tour de manège, mais les quelques spectateurs présents dans la salle sont abasourdis. Certains se mettent même à hurler. Imaginez plutôt : les ouvriers de l’usine Lumière sortant du travail et déferlant sur le pavé –là où le cinématographe est placé pour capturer l’image–. À leur place, on aurait fait pareil tant à l’époque la distinction entre ce qui se passe sur la toile et le lieu de la projection est difficile à saisir. Cette séance ayant fait grand bruit, le bouche à oreille s’intensie dans la ville, et bientôt, les séances des deux frères deviennent la sortie en vogue de l’époque. Le cinéma est lancé.

Alors match nul entre ces trois inventeurs de talents, même si notre préférence va aux Lyonnais, chauvinisme oblige !

Laureen Laboret

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