Pulp My Festival

Le festival Lumière, avec la pulpe

Les femmes fortes de Quentin

Dans Jackie Brown, une hôtesse de l’air passeuse de drogue à ses heures perdues prend sa revanche sur un gang mafieux. Dans Boulevard de la Mort, des cascadeuses au sang froid inébranlable réduisent en miettes un fou du volant. Et dans Kill Bill, une jeune mariée increvable refait le portrait de ses bourreaux. Dans la plupart de ses films, Quentin Tarantino met en scène des femmes fortes, qui prennent leur revanche sur des hommes, sur la vie ou sur la peur, souvent dans un jouissif bain de sang.

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Jackie Brown

Les femmes n’ont pourtant pas été tout de suite au centre du cinéma de Tarantino. Dans Reservoir Dogs, premier long métrage qu’il réalise, aucune femme n’est à l’affiche. Un choix qu’il explique en 1993 au Figaro: « Dans un film, il y a une logique, qu’elle soit émotionnelle, esthétique ou narrative. Exemple : si vous faites un film de guerre, il n’y aura pas de femmes. Si on vous impose des femmes, il faut refuser. » Pourtant, dès son second film, Pulp Fiction, une femme, Mia Wallace, jouée par celle qui deviendra une des actrices fétiche du réalisateur, Uma Thurman, occupe un rôle central dans ce film d’hommes. L’élan est lancé. Jackie Brown, Kill BillBoulevard de la Mort, les femmes sont là et elles sont puissantes.

« J’ai été élevé par une mère célibataire »

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Uma Thurman/Black Mamba dans Kill Bill

Hier soir, quand on lui a demandé pourquoi ses personnages de femmes sont toujours aussi puissants, Quentin Tarantino répond simplement: « Je préfère les personnages forts, ils sont plus intéressants ». «  Les femmes font de bons personnages. Mais je ne peux pas en dire plus, je ne sais pas pourquoi je fais les choses, je les ressens simplement. Un artiste n’a pas à expliquer ses choix, c’est au public de découvrir ce qu’il ressent. » 

Certains, au regard de ces films féminins, ont pu qualifier Quentin Tarantino de cinéaste féministe. Sans pour autant l’affubler de véritables ambitions politiques, c’est dans sa vie personnelle que l’on peut trouver une réponse à cette prédominance des femmes dans ses films: « J’ai été élevé par une mère célibataire, j’ai toujours vécu avec l’exemple d’une femme forte auprès de moi », nous confie-t-il très sérieusement sur la terrasse de la Plateforme.

Un amour pour sa mère, donc, mais un amour pour les femmes en général aussi, certainement. Dans chacun de ses films, les femmes qu’il choisit pour jouer ses héroïnes n’ont pas à rougir de leur plastique. A la Plateforme ce lundi soir, Tarantino s’est vite entouré d’une horde de jeunes femmes, fortes, probablement, ambitieuses, sans doute.

Les (belles) héroïnes de Boulevard de la Mort

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Caroline Debray

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