Pulp My Festival

Le festival Lumière, avec la pulpe

Bernadette Lafont, égérie de la Nouvelle Vague

Cet été, après 55 ans de carrière, Bernadette Lafont s’en est allée, à 74 ans. Lors de son inhumation, Jean-Pierre Mocky a déploré l’absence de personnalités du cinéma. Ingrat, le Festival Lumière ne l’est pas et lui rend un dernier hommage vendredi au Comoedia.

Bernadette-Lafont

Comme le dit la chanson, Bernadette était très chouette. Une sacrée bobine (sans faire de mauvais jeux de mots) et une véritable gouaille, pour celle qui se définissait comme étant «complètement libre ».  Fille d’un pharmacien du Gard, elle est venue à Nîmes pour suivre des cours de danse classique mais le cinéma l’a vite rattrapée. A 16 ans, de sa chambre d’hôtel du Grau-du -Roi, elle aperçoit Marina Vlady tourner Les salauds vont en enfer. Deux ans plus tard, elle rencontre son futur premier mari Gérard Blain aux Arènes. Celui qui connaîtra un certain succès grâce à son rôle dans Voici le temps des assassins de Julien Duvivier, reçoit l’éloge d’un jeune critique, François Truffaut. Les deux hommes choisissent de se rencontrer lors d’une conférence de rédaction des Cahiers du cinéma.

Le hasard faisant bien les choses, la jeune provençale accompagne son mari et fait la rencontre d’Eric Rohmer ou encore Jean-Luc Godard. Ceux qu’elle appelle plus tard des « bouffeurs de pellicule », ne tardent pas à lui proposer de tourner dans leurs premiers films. C’est d’abord le cas de Truffaut et son court-métrage Les Mistons, puis Chabrol dans Le Beau Serge en 1958. Elle se laisse alors porter par la vague, une nouvelle vague dont elle devient vite une égérie au physique pulpeux, incarnant ces femmes décomplexées au tempérament de feu. Chanceuse, elle ne se l’estime guère: « Les vedettes de l’époque, c’étaient Martine Carol, qui ressemblait beaucoup à Lana Turner et aux héroïnes hollywoodiennes. La chance, c’est que le cinéma ait eu besoin de se dépoussiérer, les spectateurs avaient envie de voir des choses nouvelles, moins classiques ».

Après La Maman et la putain de Jean Eustache (1973), la carrière de Bernadette Lafont se fait plus variée et populaire, n’évitant pas au passage quelques succès moindres.  Discrète, celle qui  préférait « les places à part aux premières places » fut récompensée du César du Meilleur second rôle féminin en 1986 pour L’Effrontée. Ces dernières années, elle participe à quelques comédies à succès dans des rôles de grand-mère sympathique et quelque peu fantasque (Prête-moi ta main, Nos 18 ans, Paulette).

La projection vendredi au Comoedia de La Fiancée du pirate, réalisé par Nelly Kaplan en 1969, sera l’occasion pour le public du festival de revoir l’actrice dans un de ses plus grands rôles. Impertinente et décomplexée, Bernadette Lafont nous montre là toute l’étendue de son talent.

 

Guillaume Pivert

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :