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James B. Harris et les sentiers de la gloire

James B. Harris vient de fêter ses 85 ans. Né pendant la transition du muet au parlant, il est souvent considéré comme un vétéran d’Hollywood. Surtout connu pour avoir travaillé avec l’immense Stanley Kubrick, James B. Harris est un homme accompli : producteur, il s’est également essayé à la réalisation avec des films tels que Cop et Sleeping Beauty, ainsi qu’à la scénarisation. Il apparaît dans Les Sentiers de la Gloire, de Stanley Kubrick, dans lequel il côtoie Kirk Douglas, même s’il ne sera pas crédité au générique. Producteur prolifique, James B. Harris commencera à se faire un nom en produisant L’Ultime razzia en 1956 (adapté du roman de Clark Howard). Là encore, c’est son ami Stanley Kubrick qui sera à la réalisation. Il est d’ailleurs impossible de retracer la carrière cinématographique de James B. Harris sans l’évoquer à de nombreuses reprises, tant les deux hommes ont travaillé sur de multiples projets communs.

Il est, par la suite, approché par la star Marlon Brando en personne, qui après avoir vu L’Ultime razzia et Les Sentiers de la gloire, lui propose une collaboration. Mais les débuts sont difficiles et le duo, rejoint par Stanley Kubrick, peine à se mettre d’accord sur un projet. James B. Harris dira plus tard que Brando avait fini par avoir envie de réaliser le film lui-même. Le duo gagnant Harris-Kubrick fut ensuite approché par Kirk Douglas pour réaliser le film Spartacus, comme ce dernier ne voulait plus d’Anthony Mann derrière la caméra.

James B. Harris est également un passionné de lecture. Il a, au fil des ans, clairement établi son intention d’adapter certaines œuvres de la littérature sur grand écran. Parmi ces romans, il y a notamment Le Dahlia noir de James Ellroy paru en 1987, inspiré du meurtre non élucidé de sa mère, sorti au cinéma sous le même titre en 2006.A l’écran, Brian de Palma dirige une pléiade de stars : Scarlett Johansson, Hilary Swank, Josh Hartnett et Aaron Eckhart, pour ne citer qu’eux. Le film ne rencontrera pas le succès escompté sauf dans des sphères intellectuelles telles que Les Cahiers du cinéma ou Chronic’art.

L’un des plus gros succès de Harris fut l’adaptation du roman qui fit scandale à sa sortie : Lolita (1962), de Vladimir Nabokov, avec Kubrick aux commandes. L’adaptation provoqua un tollé de la part des défenseurs de Nabokov, qui considérèrent que les deux hommes s’étaient autorisés trop d’écarts quant au livre. L’auteur lui-même ne se montra pas particulièrement satisfait du film. Dans une interview, Harris défendra sa position et celle de Kubrick, affirmant que leur but était de faire leur film, sans s’imposer de limites. Le film fut autant un scandale que le livre, l’actrice incarnant Lolita (Sue Lyon) n’ayant que 14 ans à l’époque du tournage. Tout cela en dépit du fait que la censure de la Motion Picture Association of America (MPAA) avait obligé les deux associés à occulter les parties les plus provocatrices du roman.

James B. Harris travaille actuellement à adapter Casino Moon, un roman de Peter Blauner qui sortira au cinéma sous le nom de Sonnyboy. A 85 ans, l’un des piliers du cinéma américain n’est pas prêt de s’arrêter en si bon chemin.

Laureen Laboret

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