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Le festival Lumière, avec la pulpe

BeBel Le Magnifique

« Il fut un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître » : il fut un temps où Jean-Paul Belmondo illuminait le cinéma populaire français. Après cinquante ans de carrière l’acteur est toujours là : s’il s’est retiré de la scène, il a laissé en héritage aux nouvelles générations d’acteurs sa vision et son amour du cinéma. Jean Dujardin, Clovis Cornillac, Vincent Cassel… ils ont grandi avec les films d’aventure et les cascades de BeBel. Même Bob Sinclar s’est inspiré de lui, tirant son nom de scène du personnage incarné par Belmondo dans Le Magnifique de Philippe de Broca (1973). Le comédien aux 130 millions de spectateurs a laissé sa trace sur l’histoire du cinéma.

« C’est un voyou qui a fait le Conservatoire » (Jean Rochefort)

Belmondo

Belmondo entre au Conservatoire National d’art dramatique en 1952. Lorsque le jury lui refuse le premier prix au concours pour l’accès à la Comédie française, le public et ses camarades crient à l’injustice. Bien loin de se laisser abattre le comédien s’oriente vers le cinéma et tourne pour Jean-Luc Godard dans A bout de souffle en 1960. Le film est un succès et devient un emblème du mouvement de la « Nouvelle vague » qui transforme le cinéma français dans les années soixante. La carrière de Belmondo est lancée, « voyou ou flic », escroc ou prêtre, aventurier, héritier, cascadeur, triste Pierrot… il revêt tous les costumes avec une facilité déroutante. Dans son documentaire « Belmondo, itinéraire », diffusé à Cannes en 2011, Vincent Perrot explique : «C’est un acteur populaire aussi libre sur la piste d’un cirque que sur un plateau de cinéma ou entre les cordes d’un ring ».

Le « héros » à l’américaine

Pour Jean Dujardin, « Belmondo, c’est le héros accessible, le héros qui ressemble à Papa ». Multipliant les films d’aventure et d’action, de l’Homme de Rio à Une chance sur deux, où il réalise lui-même ses cascades impressionnantes, il fascine. Amateur de sport et surtout de boxe, il entretient l’image d’athlète et de beau-gosse atypique qui ne correspond pas aux standards de l’époque. Il se lie d’amitié avec Alain Delon qui le choisit pour son film Borsalino. « C’est presque le cinéma qui est venu à nous » raconte Delon en évoquant leurs destins croisés. Souvent comparés, les deux acteurs ont chacun leur style : « Quand Belmondo arrive dans une gare tout le monde rigole, quand j’arrive dans une gare personne ne rigole ! » explique Delon rappelant la bonne humeur communicative de Bebel. Cette joie de vivre il l’a doit selon lui au sport : « La boxe m’a donné ce côté hargneux dans la vie, c’est-à-dire ne pas se laisser démonter quand ça va mal ». Sa vitalité impressionne Jean Gabin avec qui il tourna dans Un singe en hiver d’Henri Verneuil dont la copie restaurée sera diffusé pendant le festival Lumière. « T’es mes vingt ans ! » lui dira Gabin.

Le théâtre : premier et dernier amour

A la fin des années quatre-vingt l’acteur revient finalement à son premier amour : le théâtre. Avec Kean, adapté de l’œuvre d’Alexandre Dumas par Jean-Paul Sartre, il remonte sur les planches où il est de nouveau acclamé. Ses « pépins » de santé en 2001 l’obligent à mettre fin à sa carrière. Le festival de Cannes rend hommage au « dernier héros du cinéma français » en 2011 où il est accueilli sous les applaudissements sur le tapis rouge. Le cinéma continue de lui dire merci puisqu’il sera à l’honneur au festival Lumière avec une sélection de ses plus grands films comme Un singe en hiver, Itinéraire d’un enfant gâté ou Pierrot le fou.

Victoria Lopes

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Un commentaire sur “BeBel Le Magnifique

  1. gunnarsewell
    novembre 6, 2013

    A reblogué ceci sur The French Language and commented:
    Jean-Paul Belmondo, un des plus grands acteur français. Parmi les filmes les mieux connus dans lesquels il a joué on peut citer:
    Le Cerveau (1969)
    L’As des as (1982)
    Le Professionnel (1981)
    Le Marginal (1983)
    L’Homme de Rio (1964)
    Borsalino (1970)
    Le Casse (1971)
    Flic ou Voyou (1978)
    Peur sur la ville (1975)
    Les Morfalous (1984)
    Cartouche (1962)
    L’Animal (1977)
    Le Magnifique (1973)
    Le Guignolo (1978)
    L’Incorrigible (1975)
    Un singe en hiver (1962)
    À bout de souffle (1960)
    Tendre Voyou (1966)
    30 La Scoumoune (1972)
    31 Peau de banane (1963)
    Le Corps de mon ennemi (1976)
    Léon Morin, prêtre (1963)
    Classe tous risques (1960)
    L’Alpagueur (1976)
    Par un beau matin d’été (1965)
    L’Aîné des Ferchaux (1963)
    Le Doulos (1962)
    Pierrot le fou (1965)
    Le Voleur (1966)
    Les Misérables (1994)

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